Christel Nemouchi

Ce temps qui nous tend…

PAR CHRISTEL NEMOUCHI-

Le temps nous impose t-il Sa dictature?

 » Il nous le faut pour hier! « ,  » Ça urge! « ,  » Réponse ASAP souhaitée! « ,  « Dépêchez-vous les enfants! « , « j’suis trop charrette »… A peine levés que nous nous préparons  déjà à affronter les heures, minutes et secondes d’une journée qui s’annonce très vite insatisfaisante.
 Et si activer le pas ne suffisait plus! Et si pester contre nous-même à tout bout de champs, devenait tout simplement contreproductif! Et si notre corps ne supportait plus les coups de bâton à répétition, la ronde des injonctions et des soupirs de lamentations! Non, à notre grand regret le temps n’est pas extensible! Il ne se joue pas à la loterie! Il n’est pas davantage négociable! Il ne  ne s’emprunte pas, ne s’achète pas!

Indéniablement, c’est une drôle d’affaire que ce temps qui s’écoule! Tantôt grand seigneur, d’une bonté incomparable quand il nous offre des souvenirs heureux, de généreux partages, des réussites étourdissantes, des rencontres détonnantes et des transformations positives. Tantôt affligeant, dans ses aspects les plus sombres, quand il nous inquiète, frustre et désillusionne. Pourvoyeur de regrets, quand il transforme progressivement notre image dans le miroir jusqu’à nous éprouver.
Nous sommes libres de nous indigner contre cette loi universelle, libres de nous positionner en fervent défenseur d’une vie dépourvue de toutes limites. Mais le combat reste inégal, le temps a toujours deux tours d’avance. Il fait son oeuvre jour après jour, rien ne l’arrête. Il dépose sa signature à travers la transformation de nos enfants, l’évolution de notre monde, l’usure des objets, les premières sillons sur notre peau… Le temps s’invite également dans nos décisions. Il nous amène à prioriser, nous rappelle nos manquements, les douleurs du passé, un futur à programmer…. Comment tenir la distance avec le chronomètre? La démarche est difficile tant le concept temporel guide nos journées et canalise notre attention sur chacune de nos actions. Notre seul échappatoire, nouer un rapport différent au temps.  Apprendre à l’accepter, apprendre à s’adapter. Apprivoiser cette impressionnante vague temporelle, pour extraire de son écume le SEL DE LA VIE: la découverte de notre monde et de ce qu’il nous propose de meilleur, jour après jour.

LE TEMPS Et ses limites…

Avec l’évolution de notre société moderne, notre relation au temps pourrait devenir de plus en plus complexe. Plongés dans un système d’hyper-consommation au marketing agressif, nous épuisons une belle part de notre énergie à augmenter notre vitesse de croisière. Nous abrégeons, écourtons nos communications, zappons, scrollons, twittons…Notre intention se développe dans le « tout de suite! », « le vite et bien! », « les raccourcis ». Addicts de nos écrans, nous avons du mal à nous projeter dans nos journées,  il est désormais plus juste de dire que nous les subissons. A ruminer nos manqués, nos inaccomplis, nos frustrations. Notre insatisfaction grandit au gré de ces besoins exponentiels, que la société réveille en nous. Livrés à un futur anxiogène et souvent culpabilisant. Telle une étole de soie, le temps donne l’envie d’être caressé, et pourtant  il ne cesse de nous filer entre les doigts. L’enseignement se fait alors plus difficile dans un monde d’immédiateté. Nous l’observons chaque jour un peu plus, vitesse et rentabilité deviennent synonymes de talents! A la télévision, dans les journaux, sur les réseaux sociaux, les images fusent, le buzz ne connaît pas de repos! Alors, parfois nous nous inclinons. Notre mental saturé de ce flux continu d’informations déclare forfait. On le sait bien , il est devenu délicat de déduire les parts de vrai et de faux. Nous peinons à vérifier les sources, les contenus, la légitimité des auteurs. Notre discernement en souffre. Faute de disponibilité, faute de prise de recul! Tout est fait pour attraper notre attention, pour stimuler à l’excès nos sens et notre goût pour le Show. Au point que notre filtre émotionnel finit par déborder, nous laissant la désagréable sensation de vivre dans une urgence permanente.

 

LE TEMPS, Et sa lecture contradictoire…

nous l’apprenons à nos dépends, le temps est contradictoire. Entre éphémère et longévité, entre déclin et renouveau. Du point de vue de l’histoire de l’humanité, il s’impose en une succession de cycles d’ombre et de lumière. Les livres d’histoire témoignent de cette alternance permanente entre cette part de mémoire peu glorieuse, illustrée de fléaux, de batailles, de renversement de pouvoir, de trahisons …. Et cette grandeur qui nous définit en tant qu’humains que nous retrouvons dans chacune de nos phases de reconstruction, de développement ou de croissance. Le temps est un professeur exigent, qui réclame de ses élèves une remise en question régulière. Il s’impose comme le plus grand fournisseur d’expériences! Des plus riches, aux plus variées, des plus surprenantes aux plus contestables. Il nous pourvoit en quêtes et en épreuves, nous enseigne l’endurance comme l’adaptation. Révèle notre potentiel. Et dans sa grande générosité, nous gratifie de petits bouts de bonheur quotidiens, que nous ne sommes pas toujours en mesure d’apercevoir. Ainsi, adoucir notre relation avec le temps, ne serait-ce pas avant-tout entraîner notre regard à observer chaque petite merveille de notre vie? Un moment de partage avec notre enfant, un repas entre amis, un plat savoureux, un livre qui nous fait du bien…

 


Certes les époques se succèdent inlassablement et le rythme de notre monde s’intensifie, pourtant le couplet reste le même… Notre existence est bornée par un début (notre date de naissance) et une fin (l’heure de notre mort). Notre vie s’écoule, cadrée par cette fatalité temporelle, qui nous impose la réalité de sa finitude. A
ncrés dans notre système de défense personnel, nous entrons souvent en résistance contre ce temps limitant. Nous lui préférons l’image d’une illusoire éternité.  Nous demeurons pourtant tous à égalité, tributaires de la frise chronologique de notre vie.
Au début du XX°s siècle, le psychanalyste Freud soulevait notre rapport complexe au temps: «Personne, au fond, ne croit à sa propre mort ou ce qui revient au même : dans l’inconscient, chacun de nous est persuadé de son immortalité» . En témoignent toutes les stratégies que nous employons jour après à jour à effacer les stigmates du temps sur notre peau, nos cheveux, en prenant davantage soin de notre corps…Au moyen de crèmes, de coloration, de chirurgie, d’implants et toutes sortes de produits miracle. Nous cherchons à diminuer ses effets sur nous, comme pour le dompter. Jour après jour, chacun à notre façon, nous tentons de nous accoutumer à cette sempiternelle ronde des aiguilles. Le temps ne laisse jamais indifférent,. Et si nous nous amusions à le personnifier, il pourrait prendre les traits d’un héros antique charismatique capable de déchainer les foudres, autant que les passions.

LE TEMPS, mérite notre attention…

Sommes nous seulement conscients de  la perception que nous avons de ce concept « temps »? Par exemple, lorsque nous avalons chaque jour notre petite dose de stress, à démarrer notre journée sur les chapeaux de roues. Nous pourrions nous demander à quoi sert tant cette exigence envers nous-mêmes! Nous pourrions décider de changer le menu du jour pour assaisonner nos journées d’une vinaigrette plus douce, plus légère! 

Mais quel serait alors le prix à payer? Une part d’inconfort sans doute…Sortir du moule dans lequel nous avons grandi(e), de nos conditionnements sociétaux, sans compter le réveil des peurs… Outre l’inconfort de ralentir, peut-être la peur du jugement, la peur ne plus être dans la course, la peur de ne plus être à la hauteur, ou encore la peur d’être dépassé(e), d’être comparé(e), d’être incompris(e) et peut-être même rejeté(e)…Pourtant loin d’être notre ennemi, le temps se saisit de l’étiquette que l’on veut bien lui coller. il n’est ni bon, ni mauvais. Probablement « allié » pour ceux qui l’apprivoiseront, « ennemi » pour ceux qui le redouteront.  Aussi, lorsque l’urgence frappe à notre porte, osons la décourager d’entrer.
Je repense à une citation qui m’avait particulièrement interpelée, en pleine étape de transformation personnelle:

« A force de sacrifier l’essentiel à l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel »
Edgar Morin

Oui, tout comme vous  j’aurai sans doute 1000 reproches à faire au temps: « Cesse de me pousser à bout! Cesse de me contraindre! Cesse de m’asphyxier! » Pourtant, si je l’abordais de manière différente, j’aurais au moins 10 0000 bonnes raisons de l’apprécier. Il y a tant de petites choses, qui nous échappent chaque jour et ne demandent qu’à être observées pour faire la paix avec le compte à rebours.

Enfin, la thérapeute que je suis, ne peut qu’observer les questionnements que le temps suscite chez l’adulte à l’approche de la quarantaine. Tous ces petits tiraillements intérieurs qui montrent que les prises de conscience sont possibles à tout âge et qu’elles nous livrent cette part de vérité intérieure que nous mettons parfois des années à questionner: « Qu’ai-je accompli de bien dans ma vie? » « Suis-je sur la bonne trajectoire? », « Ai-je été au bout de mes envies, au bout de mes rêves? », « Suis-je aimé(e) comme je l’espérais? » , »Suis-je à l’écoute de mes valeurs? ». 

Des interrogations qui prouvent à quel point, nous souhaitons progresser. A quel point, nous avons besoin de nourrir une relation de paix avec les années qui défilent. Toutes ses interrogations sont saines, elles montrent qu’en prenant de l’âge, nous souhaitons optimiser notre vie. Et profiter différemment, en amenant plus d’authenticité, plus de cohésion dans notre vie.

je soigne, ma relation au temps…

Je quitte à présent ma blouse de thérapeute pour laisser la parole à cette autre Christel, que je suis. Comme vous, elle se questionne au gré de ses expériences de vie et fait de son mieux pour demeurer fidèle à ses valeurs. Elle pourrait vous parler de sa propre liste d’essentiels, qui participe à ce dialogue pacifique qu’elle souhaite désormais entretenir avec le temps. Loin d’être une lecture naïve du monde, cette liste serait plutôt une promesse envers soi-même pour cultiver une forme de sérénité intérieure. Je vous partage humblement ma liste, en vous laissant le soin de composer la vôtre, en toute confiance. Vous être le (la) mieux placé(e) pour extraire vos priorités. Vous êtes l’EXPERT  NUMÉRO 1 de votre bien-être.

MA LISTE D’ESSENTIELS POUR AMÉLIORER MA RELATION AU TEMPS:

  • Démarrer chaque journée en me reliant à mon être, mon corps, mes sensations, mes émotions. Sentir à quel point j’existe
  • Contempler ce qui m’entoure en appréciant chaque petit spectacle de vie (lever du jour, soleil couchant,  chant des oiseaux,  lien inspirant, compagnie agréable…)
  • Savourer chacune de mes actions (mettre de la conscience dans mon petit déjeuner, mes trajets, mes rencontres du jour, mes petites victoires, mes capacités d’adaptation face à chaque adversité…)
  • Faire de chaque jour qui passe une occasion de m’améliorer, une occasion d’apprendre
  • Le temps est source d’inspiration, observer chaque minute comme une ressource artistique en soi
  • Accueillir le temps comme un allé précieux qui m’ouvre à plus de sagesse.
  • Demeurer  humble avec le temps.  Rien n’est jamais acquis. Apprendre de l’expérience est un cercle vertueux qui s’entretient jour après jour. Prendre du plaisir à poursuivre l’entraînement.

Le temps est mouvement, il est espace. Il est multiple et varié. Il nous offre la spontanéité de chaque instant nouveau. Grâce à lui la vie se perpétue, et se renouvelle en permanence. Le temps ne fige pas. Il nous semblera parfois cruel, parfois bénéfique selon que nous renforçons la confiance en son réservoir de possibles. Un peu comme la foi que nous plaçons en un Dieu. Plus la foi est profonde, plus l’existence pourra paraître sereine. C’est cette foi absolue en la vie qui guérit les blessures. En témoignent tous ceux qui, malgré les épreuves de la vie- la maladie, la perte d’un proche, la pauvreté, la guerre etc…- trouvent le moyen de rester dans la lumière, en donnant un sens utile au temps qui leur reste. L’épreuve pourrait les agenouiller, mais elle éveille en eux des capacités de RÉSILIENCE.  L’épreuve les amène à cette forme de sagesse, qui leur enseigne à quel point le bonheur est fragile et qu’il mérite une attention de chaque instant. Leur regard sur leur monde se transforme, il chérisse le pouvoir de la vie.

 

comprendre son rapport au temps…

A l’issue de cet article, je vous soumets quelques questions qui pourront peut-être vous apporter un nouvel éclairage sur votre rapport au temps. Prenez le temps d’y répondre avec un maximum de sincérité.

  • Le temps vous paraît-il influer sur votre bonheur?
  • Si c’est le cas, ressentez-vous une ou des émotions de PEUR face au temps?
  • Sauriez vous identifier cette ou ces peurs?
  • Prenez le temps de sentir la pression qu’exerce sur vous ces peurs?
  • Sauriez-vous évaluer la part de stress que cela éveille en vous? (Mesurez-la, en la notant sur 10)
  • Lorsque vous accueillez toute votre peur, dessinez votre représentation personnelle du temps
  • N’hésitez pas enfin à prendre le temps de transformer positivement votre dessin à l’aide de votre imagination.  Il devra vous sembler devenu totalement inoffencif. Toutes les inspirations, aussi originales soient-elles, seront les bienvenues.

Nourrir la peur vous empêchera d’avoir une vision objective de votre vie et vos ressources. Lorsque vous doutez, une grande part de votre énergie et de votre attention se fixe sur la difficulté. En prenant de l’âge, vos peurs pourront s’accroître. Votre ressenti face au temps est légitime, puisqu’il existe en vous. Mais sachez qu’il entretient le sentiment d’insécurité. Il est important que vous preniez le temps de comprendre votre peur, pour mieux l’accompagner.

Quelque soit votre constat personnel en réfléchissant à chacune de vos réponses, ne soyez pas critique envers vous-même. Soyez conscient(e) que votre grille de lecture dépend de vos conditionnements (affectifs, culturels, genérationnels, sociétaux, religieux…). Cette grille pourra évoluer à tout moment. Le point de départ d’un changement n’est autre que LA VOLONTÉ.

Besoin d’appronfondir votre rapport au temps? Besoin de vous extraire de la pression?
N’hésitez pas à me contacter au 06.56.73.58.84, je demeure à votre écoute pour un travail adapté à vos besoins.

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