Emotions douloureuses: La recherche de solutions…

Le rationnel pour compenser L’épuisement mental…

Des pensées qui se bousculent, une cacophonie assourdissante dans la tête, un poids sur la poitrine, des tensions dans tout le corps, des étourdissements passagers… Comment comprendre cette fatigue en moi depuis quelques temps? Lorsqu’entre cogitations et insomnies, mon quotidien s’organise tout en résistance et que ma patience se fragilise. Ce n’est pas faute de lucidité, je vois bien que mes journées s’allongent et qu’elles sont pesantes. Pourtant, malgré tout, je persévère. J’essaie de camoufler le ras-le-bol, la tristesse, la culpabilité…. Avec beaucoup de soin, je compense. Toujours plus d’efforts, toujours plus d’acharnement, toujours plus de concentration. Sans compter cet étalage de Post-it sur mon frigo pour continuer à garder le cap! Mais rien n’y fait, j’assiste impuissant(e) à cette perte de maîtrise, et d’efficacité. Et bien malgré moi, je cultive ce sentiment grandissant d’être à bout de force.

Alors que mes pensées tournent en boucle, je deviens réfractaire à la critique, n’arrive plus à apprécier l’instant présent. Moins disposé(e) à donner et partager autour de moi. Cette surcharge émotionnelle me plonge progressivement  dans une forme d’isolement, de spleen journalier. Heure après heure ma motivation décline. L’ enthousiasme, quand il se dissipe, laisse place à l’action mécanique. Ma tête sature, lourde de dispersions mentales. Et lorsqu’il n’a plus suffisamment l’espace nécessaire, et le temps optimal pour clarifier ses pensées, le raisonnement devient inévitablement confus et lent. Entraînant dans sa chute, les projets et les initiatives. Un peu comme si j’étais privé(e) de cette capacité à m’animer devant le spectacle de la vie. Soudainement dépourvu(e) de toute volonté d’agir, ou de réagir. En parfait(e) petit(e) automate je poursuis ma vie, tandis que mes émotions hibernent. S’ajoutent peut-être à mon trouble, les oublis fréquents. Mes apprentissages et la mémoire peuvent souffrir de cet état de passivité et d’effondrement physique. La mental affaibli n’a plus la capacité de fournir l’énergie nécessaire pour la compréhension et l’analyse de l’information. Il devient compliqué dès lors, de la stocker dans la mémoire courte.

une question de plus dans ma tête… Comment en suis-je arrivé(e) là?

 

Comment des pensées auraient-elles pu mettre une telle pagaille dans ma vie? Comment auraient-elles pu me faire douter au point de fragiliser l’équilibre en place? Et puis un jour, au détour d’un article, ou peut-être d’une émission de radio, d’une interview télévisée, ou encore dans les paroles d’un(e) proche, j’entends les bénéfices de cette posture: cette juste-distance émotionnelle à préserver pour faire face aux tracas du quotidien. Tenir l’émotion à distance certes, mais où  trouver le mode d’emploi? En suis-je seulement capable? 

Approfondir l’Emotion…

 

Comprendre l’émotion est un point de départ pour appréhender cette notion d’équilibre émotionnel. Si je m’attarde sur l’étymologie latine du mot EMOTION, j’observe quelques indices. E pour extérieur, MOTION pour mouvement. Une émotion, c’est avant tout une sensation intérieure, qui entraîne un mouvement intérieur vers l’extérieur. L’émotion, c’est en d’autres termes un signal que mon corps m’envoie. Il est essentiel, puisqu’il m’informe du moindre changement positif ou négatif dans ma vie. Pourquoi ne pas l’imaginer telle une petite boussole intérieure qui orienterait mon comportement, en réaction à une situation vécue? Ecouter mon émotion, c’est donc prendre conscience de ce signal. Nommer mon émotion, la décoder me permet d’adapter ma réponse en accord avec mes besoins immédiats et mes valeurs personnelles. A contrario, faire le choix de verrouiller mon émotion, c’est prendre le risque de la laisser grandir en moi. L’émotion niée et non identifiée agit tel un un poison lent. En lui laissant toute la place, je lui laisse les commandes de mes pensées et bientôt de mes actes. Ainsi, contenir l’émotion intense, revient à jouer le jeu de l’ impulsivité, là où la réflexion serait plus utile. 

comment stopper un processus qui fonctionne en pilotage automatique depuis quelques temps? 

 

Pour observer une lecture saine de chaque situation, il est important de laisser un peu de lumière filtrer au milieu des zones d’ombre. Cette lumière, c’est cette part de rationalité, cette hauteur qu’il me sera toujours possible de prendre pour évaluer les circonstances avec clarté et profondeur. Loin de s’opposer, l’émotion et la raison forment un duo gagnant. Ensemble, ils sont garants de la stabilité émotionnelle. Mon intérêt est d’installer, aussi souvent que possible, ce réflexe d’une prise de recul. Cultiver des petit temps d’introspection pour analyser le contexte avec discernement, appréhender mes besoins et mes limites, tout en prenant soin d’alimenter la pensée positive. Quand je dis OUI à quelque chose, suis je certain(e) de ne pas me dire NON à moi-même?

“SI CHANGER UNE SITUATION QUI VOUS FAIT DU MAL NE DEPEND PAS DE VOUS, 
VOUS POURREZ TOUJOURS CHOISIR L’ATTITUDE QUI VOUS PERMETTRA D’AFFRONTER CETTE SOUFFRANCE”

Vicktor Franckl

 

LES ÉTAPES POUR construire Les solutions….

Retrouver le calme, se recentrer sur soi

Le ralentissement est l’action indispensable à opposer à toute émotion intense. Trouver le moyen de ramener du calme en moi, faire redescendre l’excitation, la colère, la déception, l’inquiétude… L’urgence est de stopper tout ce qui m’accable davantage. 

La cogitation mentale et la pensée négative sont de parfaites entraves à la construction et au déploiement des ressources. Porter son attention sur sa respiration, méditer, dessiner, faire du sport, peuvent être autant de soutien. Agir c’est être à l’écoute de ses besoins, et de ses inspirations du moment. Se plonger dans tout ce qui nous fait du bien, afin de trouver la force de se mobiliser.

la possibilité d’une aide extérieure professionnelle, familiale ou encore amicale

En effet, la priorité est d’exprimer. Lorsque je verbalise, je prends naturellement conscience de mes besoins et de mes limites, c’est un premier pas vers la progression.

Ainsi, parler de sa souffrance peut nous permettre de la rendre plus acceptable, de dédramatiser. Et si le verbal ne convient pas, reste la possibilité d’écrire ou dessiner sa douleur, afin de se délester de ces surcharges émotionnelles.

Un temps d’observation, pour comprendre ce qui a guidé son action

Comment ai-je pu me laisser envahir? Etais-je conscient(e) ou pas? Avais-je le choix ou pas? Dans quel état d’esprit étais-je au moment de la situation? Serein(e), satisfait(e), en colère…?

Comprendre les intentions derrière nos actes est une étape importante pour corriger le comportement et prendre le recul nécessaire sur l’impulsion. Afin qu’elle ne nous domine plus la prochaine fois.

Faire le bilan concret de la situation

Evaluer avec rationalité. M’activer à mettre en perspective la réalité factuelle, au delà des croyances. Les besoins et manquements à l’origine de la montée en puissance de cette tristesse, cette colère, cette peur, ou encore de cette culpabilité incontrôlable. Faire un inventaire des torts causés, ma part de responsabilité et celle de tous ceux qui pourraient être impliqués. Qu’est ce que cela a concrètement bousculé dans la vie de l’autre, et dans la mienne. Que ce serait-il passé si j’avais agit autrement? Comment puis-je rattraper mon erreur?

Donner du sens à toute expérience négative. Aussi contraignante qu’elle ait pu nous paraître, elle peut se transformer en un enseignement riche. Tout dépend de ce que nous décidons d’en faire.

 savoir rebondir, reparer les erreurs

Prochaine étape, me donner les moyens de m’adapter, d’être créatif pour mieux me préparer à aller de l’avant. Adopter un système de pensées positif, en m’appuyant sur mes forces, mes qualités, mes talents, mes réussites passées… Et si l’émotion désagréable a eu des conséquences sur ma relation aux autres, si j’ai blessé autour de moi, si j’ai manqué de tact, me suis montré(e) absent(e)…, alors choisir d’assumer mes responsabilités.

Verbaliser un Mea Culpa peut permettre de rompre avec le sentiment coupable. Loin d’expérimenter la honte de ces moments d’égarement, je regagnerais de la dignité et retrouverais peut-être la confiance et le respect de l’autre. Rares sont les rancuniers invétérés, les gens apprécient l’honnêteté et l’humilité: « Faute avouée à moitié pardonnée… »

Etre à présent capable de se pardonner soi-même

Je peux être mon plus grand ennemi et je le sais. A quoi me servirait d’entretenir éternellement du ressentiment à mon égard? Quelle que soit l’émotion intense ressentie, elle a été utile. Ma seule erreur est de lui avoir cédée toute la place. Certes, mais l’erreur est humaine. Personne n’est à l’abri d’un accident de parcours. L’essentiel n’est-il pas de mûrir ma faute et de trouver les moyens d’en ressortir grandi(e)?

L’expérience négative bouscule, toutefois elle demeure une source d’apprentissage riche, car nous fixons plus facilement dans notre mémoire les moments qui nous auront amenés à cet effort de remise en question. En prenant le temps de comprendre nos dérapages, nous capitalisons pour la suite de notre parcours personnel.

Tourner la page pour mieux construire

Accueillir le lâcher-prise grâce à l’acceptation. La paix intérieure m’aidera à placer de saines intentions, dans chacune de mes prochaines actions.

Retrouver le goût des projets et de la motivation. Et prendre soin de s’entourer de belles personnes, de celles qui  nous élèvent, nous veulent du bien, de celles qui nous accompagneront  dans la vie, sans nous juger.

“LA VÉRITABLE SANTÉ INTÉRIEURE CONSISTE À ACCEPTER LA RÉALITÉ SOUS TOUTES SES FORMES.
MAIS L’ACCEPTATION N’EST NI RÉSIGNATION, NI SOUMISSION.”

Etty Hillesum

PLACE À La pratique…

 Petit exercice pratique pour récupérer

La proposition de deux respirations, qui pourront permettre d’apaiser et de rompre avec le surmenage mental. Ils amélioreront la qualité attentionnelle, et  permettront de développer la pleine présence dans l’instant présent. La respiration est une alliée précieuse dans la course au bien-être, ne pas sous-estimer son pouvoir. C’est un anti-stress naturel qui contribue à réguler le système parasympathique, responsable de l’état de relâchement. Elle participe notamment au ralentissement de la fréquence cardiaque et à la diminution de la tension artérielle. Respirer en conscience, avec amplitude et profondeur, oxygène tout l’organisme, détend  les muscles, amène du recul dans l’analyse des situations, élimine les toxines dans le corps, diminue les sensations de douleurs (libération d’endorphines= analgésiques naturels) et améliore l’action digestive. Sans oublier les répercussions positives sur le sytème immunitaire. 

RESPIRATION ABDOMINALE:

A répéter 3 fois à votre rythme. Pour plus d’autonomie, ne pas hésiter à enregistrer vocalement l’exercice, afin de vous laisser la possibilité d’être guidé(e) par votre propre voix, tout en conservant les yeux fermés. Avec un peu d’entraînement, vous pourrez vous projeter mentalement dans un lieu agréable au moment de pratiquer, pour ressentir davantage de bien-être.

Debout, les pieds écartés largeur du bassin, le dos et l’axe cervical bien droit, les épaules bien relâchées. Une paume de main sur mon abdomen, le dos de la main opposée sur mes lombaires.

J’inspire par le nez sur 3 temps, en gonflant le ventre.

J’expire par la bouche sur 6 temps, en creusant le ventre. J’observe mon souffle qui s’allonge. Je sens mes deux mains qui semblent se rapprocher.

A chaque expiration, j’imagine expulser hors de ma bouche toute l’émotion désagréable logée en moi. Je prends soin de vider tout l’air de mes poumons. Je laisse mon ventre redescendre progressivement au rythme de l’expiration. Le plus naturellement possible, je laisse les tensions se dissiper les unes après les autres..

Je relâche quelques instants les bras, je prends le temps de récupérer.

Je sens toute la présence de ma sangle abdominale, et peut-être à présent la sensation d’une douce chaleur dans mon ventre. Je peux visualiser ma cavité abdominale comme un espace libre, débarrassé de tout encombrant.

Je prends conscience du relâchement de mon ventre, de mon bas ventre. Je prends conscience de toute mon amplitude respiratoire.

J’accueille les sensations nouvelles dans l’ensemble de mon corps, à présent plus relâché. Je prends confiance en ma capacité à agir sur l’émotion envahissante grâce à mon souffle. Je sais qu’à tout moment, je pourrai réactiver ces sensations agréables en moi.

RESPIRATION ANTI-STRESS:

 Je pose mes deux mains entrelacées sur mon ventre. 

A l’inspiration, je gonfle ventre et poitrine et laisse bien remonter l’air jusqu’aux poumons. 

J’accompagne l’inspiration par le mouvement de mes mains entrelacées, qui remontent en direction du plexus solaire, cette zone située juste au dessous du sternum et des côtes. 

Je bloque ma respiration quelques instants, puis engage l’ouverture des bras et des mains  en les amenant de part et d’autres de mes côtes, à l’horizontal. 

Au moment de l’expiration, j’imagine repousser à la force de mes bras, deux parois imaginaires, de chaque côté de mon buste.

 Ce mouvement d’extension des bras entraînera l’ouverture de la cage thoracique et permettra de libérer toute cette zone de noeuds émotionnels. 

Enfin, retenez que plus longue sera votre respiration, plus profonde sera votre détente.

 

 
 
 
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